lundi 18 avril 2011

THEODECT, pages 125-134: Ethique; Errata; Bibliographie



Nouveau texte : loyaux-avec-la foi.blogspot.com




n'abordez pas les rubriques qui suivent sans avoir pris connaissance de la Présentation (pages 5 à 10)

Jacques Gruber
THÉOLOGIE
ET
DÉCONSTRUCTION (sigle : THEODECT)

essai de théologie préfigurative en tout respect
mise à jour de notre langage théologique chrétien
une redécouverte de notre foi
Paris 2011

Working out christian Theology
in regard to our western selfcriticism (namely: deconstruction)
essay on respectful advanced Theology
our christian theological language up to date
rediscovering our faith

Bearbeitung der christlichenTheologie
in Aufmerksamkeit zu unserem abendländischen Selbstkriticismus
(anders gesagt: Dekonstruktion)
Essay über respektvolle Spitzen-Theologie
unsere christliche theologische Sprache auf dem neuesten Stand gebracht
eine Wiederentdeckung unseres Glaubens

si vous reproduisez, copiez ou téléchargez ces textes, je vous demande de porter la mention :
copyright Jacques Gruber, Théologie et déconstruction, Paris 2011
vous trouverez une table des matières à la page 129bis
je répondrai aux commentaires dans la mesure de mes moyens
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ONZIÈME GROUPE : Éthique
La Valeur : Je lie la Valeur à la Coïncidence* et les valeurs à des coïn­ci­dences. Une valeur est une déduction qualifiée de la Coïncidence. Le bonheur, la beauté, la vérité, le bien, les miracles, sont des coïncidences heureuses, des adéquations réussies. Les accidents ou les catastrophes, qui sont des coïncidences mal­heu­reuses, mais rela­­tives, ne sont pas dépourvus de valeur (ils comportent des enseignements). Seul un mal­heur ou une catastrophe absolus seraient dépourvus de toute valeur. L’intuition du mes­­sage biblique consiste en l’annonce d’une fin qui risque de prendre un tour catas­tro­phi­que, mais qui n’est cependant jamais absolue : la nouvelle création dont elle enfante est l’ins­tau­­ration ontologique universelle véritable (en adéquation totale avec la volonté du Créateur), une pléni­tude d’être et de valeur.
Dans l’économie du monde où nous vivons, la Valeur est hors de portée pour nous, elle est de l’ordre de la représentation et évoque une transcendance abstraite im­per­son­nelle. Du point de vue de la forme, comme Coïncidence*, elle est une aspiration uni­verselle (de­side­rium). Sur le plan psycho-somatique, sa manifestation est le désir (li­bido). Dans le do­maine an­thro­pique en général, elle est actualisée par nos trans­cendances (qu’il s’agisse de pulsions ou de significa­tions). En dernier ressort, dans le con­cret, elle réside dans la ma­nière*, le style, le ton. Cela signifie que l’aspiration et le désir relèvent en dernier ressort de leur traitement par l’esprit.
Si la Valeur réside dans la Coïncidence* et non dans l’Être (ou l’être), elle n’est plus d’abord une représentation, mais une procédure. Dans quel esprit tendons-nous en ce moment vers la Valeur : selon l’analogie du désir ou selon l’analogie de la grâce, dans l’esprit du monde, selon l’analogie du Royaume ? (Voir Analogie, p. 26).
En ce qui concerne notre vie en ce monde, je préfère parler de qualité(s) plutôt que de valeur(s) et me retrouve ainsi dans une certaine proximité avec Henri Bergson. Pour une pensée qui n’est pas essentialiste, la valeur se conçoit dans un ordre de rap­ports, de conflits et d’inversement de rapports, elle relève plus de la théorie que les qua­lités qui sont attachées aux manières* d’être. Les quali­tés sont nuan­cées changean­tes, sans que cela provoque de rup­ture ; leur caractère concret et leur souplesse leur permettent d’expri­mer tout l’existant.
Le néokantisme du début du xixème siècle avait reconnu aux valeurs une exis­tence propre (Hans Vahinger, 1852-1933, Heinrich Rickert, 1863-1936). Dans la Volon­té de puis­sance (texte de 1896 qui doit être pris avec une certaine circonspection eu égard aux interpo­la­tions qu’il a pu subir de la part de la sœur de Nietzsche), Nietzsche avait prophétisé une transvaluation (ou une transmutation) des valeurs qui débouchait sur le nihilisme, tout en se consolant avec l’idée d’un éternel retour du même. En opérant sa déconstruction de la méta­phy­sique occidentale, M. Heidegger pensait en avoir tiré la leçon. Ce qui est venu, c’est plutôt la dévalu­a­tion de toutes les valeurs, le nihilisme faible, qui est le partage actuel de l’Oc­ci­dent.
En effet, la valeur renversée (le féodalisme, par exemple) ne peut l’être que par une subversion (entre autres, une révolution) qui intronise une autre valeur (la démo­cra­tie, par exemple). Le cas de l’Évangile présente cet intérêt d’un renversement* non sub­ver­sif des va­leurs qui a pour résultat la prise de conscience qu’elles sont relatives à un consensus social : les humbles, valeur supérieure à la notoriété, la science, la puissance, la fortune. La temporalisa­tion produite par l’existence simultanée de l’analogie du désir et de l’analogie de la grâce est le renver­se­ment non subvertif de toutes les valeurs que Nietzsche, à vrai dire, a sécularisé (et gauchi) dans son projet de transvaluation ou transmutation de toutes les valeurs.
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Le plus souvent, la valeur est quantitative (valeur fiduciaire, productivité, crois­sance), lorsqu’elle qualifie des biens immatériels (culture, écologie, développement, services), c’est toujours dans une optique axiologique : si la valeur manque, c’est « sans valeur ». Cela ne se reproduit pas pour la qualité : une mauvaise qualité n’est pas moins qualité qu’une bonne qualité. Les valeurs renvoient à des normes, elles créent des statuts, engendrent des rôles, hiérarchisent. En cela, elles peuvent être fascisantes. Par contre, une société égalitariste, pour laquelle tout se vaut, où tout être, chose, événement sont tirés vers le bas, qui ne voit jamais que la bouteille à moitié vide, mérite d’être appelée nihiliste, non qu’elle soit nulle, mais parce qu’elle ne produit que du sans valeur. Le culte du héros ou de la personnalité n’y font pas exception.
La Valeur n’est pas un irréductible* parce qu’elle n’est pas le résultat d’une ré­duction. Pour la même raison, les valeurs n’ont pas d’existence indépendante (objecti­visme). Il s’agit de déductions actualisées (intériorisées) à partir d’un empyrée de la Co­ïn­­­cidence* (voir Éléments de méthodologie : Applications, p. 49). Cette der­nière, elle-même, n’est pas non plus le résultat d’une réduction, mais une induction selon l’ex­cellence (kath exochèn) opérée à partir des coïncidences non con­clues dont nous avons l’expé­rience. Pareille induction selon l’excellence est justi­fiée par la raison que les valeurs sont enri­chissantes et elles le sont parce qu’elles transposent les échecs de la coïnci­dence en variations différentielles, sur le mode de la signifi­ca­tion en lin­guis­tique (voir Coïn­cidence, p. 90 ; Éléments de méthodologie, p. 42 ; Renversement non sub­versif des valeurs, ci-dessous, Unité, p. 110.
EP, p. 17, 37-38, 62, 75, 98, 103, 106, 114, 132, 140, 149, 152, 182
VST , p. 28, 42, 4647, 58, 76, 84, 93, 95, 111, 131, 136, 153, 158, 160, 163, 171, 177, 190-191, 207, 225, 227, 247, 252, 254-255, 260-267, 301, 303, 305, 311, 315, 324, 328
Renversement non subversif de la Valeur et de nos valeurs (non subversive inversion of Value and of our values ; nicht subversive Umkehrung des Wertes und unserer Werten) :
À la base, il y a la grâce : ce qui a le plus de valeur est gratuit (même si la grâce « coûte » dans ses effets).
Le Saint* Unique, obs­tacle* intelligible uni­que, s’ex­pli­cite comme justice (de) miséricorde et s’actualise effecti­ve­­ment dans et par la grâce*. Nous ne sommes plus dans le cas d’une temporalisation (ou qualification*) engen­drée par des principes* opposants sous le signe d’une Valeur définie comme Coïncidence*. Ce n’est ni l’En-Soi massif ni le Yin et le Yang, il nous est offert de concevoir une entièreté néanmoins différenciée, car vivante : la justice (de) miséricorde ou la miséricorde (de) justice (voir Temps, histoire, éternité, p. 93). Entièreté différenciée unique qui s’avère propre à la différenciation plus poussée de la Trinité et, à titre de Vivant, nous qualifie (voir Qualification, p. 89; Temps, histoire, éternité, p. 93 ; Saint (Le), p. 114) pour un salut dans l’histoire et pour l’Histoire (p. 96). Ainsi, le Saint Unique, comme entièreté qui est Vie, se révèle être le renversement non subversif de la Valeur comme Coïn­ci­dence. Par la mé­dia­tion* de la foi il qualifie notre au­jour­d'hui* non comme « être saint », mais comme un aujourd'hui du salut par la foi qui est un aujourd'hui « de sainteté » (sanctification).
Dans de telles circonstances*, on ne s’étonnera pas que les valeurs subissent divers repositionnements. La justice (de) miséri­corde ou la miséricorde (de) justice, pro­duisent un ren­ver­sement non subversif, car charismatique, de nos valeurs. Le Second Ésaïe présente l’Oint (le Messie) comme un Serviteur et un serviteur souffrant (Ésaïe 52-53), parole. qui se réalise dans le Nouveau Testa­ment où le Seigneur est le Serviteur par lequel nous somme sauvés, pour qui le plus humble est le plus digne d’égards, le pécheur est là afin d’être relevé, « Si quelqu'un veut être le premier qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous » (Mc 9, 35 et par.).
Sur le plan philosophique et éthique, le Bien, le Vrai, le Beau quittent le firma­ment platonicien (par ailleurs déchiré) des Idées ; ensuite, ils perdent le statut transcen­dant qui les unifiait au titre d’at­tri­buts de Dieu conçu comme l’Être (Père éternel, tout puis­sant, omni­scient) ; ils sont ramenés dans le monde humain. La désacralisation bi­blique des valeurs re­joint l’huma­nis­me philosophi­que sans subvertir ce dernier, mais en lui posant une alternative : la justice et la miséricorde rendues effectives dans et par la grâce*.
Dans une optique linguistique et structuraliste, la justice et la miséricorde qui s’effec­tuent « par la seule grâce » (et non parce que tout serait grâce) introduisent une différence universelle (un écart spécifique, EP, p. 168) qui, sans nier les autres valeurs, les re-situe toutes.
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Eu égard à l’éthique sociale, la sainteté telle que définie ci-dessus, produit des ma­­nières* d’être de l’ordre du don (charismatiques*), non du dû ni du droit, qui ne sup­plantent aucune autre, mais les transforment par la gratuité (la surabondance de la grâce). La « miséri­corde qui est juste - la justice qui est miséricorde » vaut mieux que les sacrifices et que les jugements portés au nom de la Loi.
Le travail scientifique, les œuvres d’art, les productions culturelles, du moment qu’ils reconnaissent être nés d’un don immérité et qu’ils arrivent à tenir à distance le commerce et la politique, sont des attestations externes de la grâce.
Dans le domaine économique, la production des richesses est bonne et profitable du moment qu’elle donne lieu à une redistribution générale équitable. Partout où celui qui, en quelque mesure que ce soit, a des biens, du pouvoir, du savoir, de l’autorité, des capacités, un talent, redistribue ce qu’il possède, une réciprocité s’instaure et une société fraternelle naît. La multiplication des pains et des poissons dans les évangiles est emblématique de cela (Mt 14,3-21).
Il se produit ainsi, au sein de notre humaine condition, non pas un inversement, mais un renversement* non subversif des valeurs qui revêt divers aspects ou degrés selon les do­maines où il s’applique. La subversion, elle, réside dans la transvaluation nie­tzsché­enne des valeurs (la volonté de puissance supplantant l’emprise du ressenti­ment des faibles), dans le projet révolutionnaire de « faire table rase » ou, plus commu­né­­ment, dans la mise en œuvre de la maxime : la fin justifie les moyens.
EP, p. 60, 103-104, 110, 112, 234;
VST, p. 99, 131, 136, 158, 207, 225, 267.
Éthique éthologique (ou éthique en phase) : Je ne fais que la signaler.
L’éthique s’adresse à la personne (voir Autonomie, p. 71), la morale concerne l’indi­vi­­du. Toute éthique n’est-elle pas éthologique ? Certes, oui, mais, dans le cas présent, elle l’est au premier chef.
L’éthique chrétienne se vit dans l’analogie*de la grâce* et l’analogie du Règne, elle consiste dans la tempo­ralité nouvelle engendrée par la temporalisation produite par l’algorithme* de Lu­ther (AML). Cette temporalisation, comme résolution (mais non solution) des principes opposants (toujours en nous-mêmes et toujours en même temps débordés par le Ressuscité) est une éthique de la résolution (de la décision volontaire), elle ne relève ni de la repris­ti­na­tion ni de l’imi­ta­tion., elle ne relève ni de la repris­ti­na­tion ni de l’imi­ta­tion.
L’éthique éthologique, éthique, non du comportement, mais des comportements, ne propose pas un art de vivre, mais vise des manières d’être (de devenir) révélatrices d’un esprit (une mentalité) qui nous anime et, par delà, de la source, quelle qu’elle soit, dont il dé­cou­le; Au-delà du pur et de l’impur, du bien et du mal, elle se situe sur le plan du sens ou de l’absence de sens, du contresens, du faux sens, du non-sens, du détournement de sens..
L’aujourd’hui* du salut par la foi est un éthos, les comportements qu’il développe ne se réfèrent pas à des règles, mais à une source de sens (la parole* de Dieuth, en l‘occurrence). Une éthique sans principe(s) ni condition(s), une éthique de la Parole* et des circons­tances*, une éthique de poche, pour les voyageurs, en quelque sorte. Le « commandement » (mitsvah) peut être vécu soit comme Loi soit comme Evangile. La parole*de Dieuth produit des statuts confessionnels (chrétiens orientaux, occidentaux, de telle où telle tradition* ou culturalistes* (selon l’histoire, le terrain socio-éco-écologique, le contexte local, régional, national où vit le chrétien) et engendre des rôles (charismes*), élus, saints, témoins, ministères, vocations).
L’éthique des comportements se distingue de la casuistique, elle implique des juge­ments circonstanciés (à la fois de valeur et de fait) : non pas « Un(e)tel(le) est menteur-euse ou serviable », mais : « En telle ou telle circonstance, un(e)tel(le) m’a manifestement menti, m’a effectivement tiré d’affaire ».
L’éthique de la Parole et des circonstances ne connaît ni « tu dois », ni « il faut », c’est une éthique où tout est donné, une éthique spontanée (la surprise des disciples devant ce qu’ils ont fait, Mc 10, 28 et par.) où notre main gauche ne sait pas ce qu’a fait notre main droite. Une éthique de la surabondance et de la générosité (la règle d’or de Mt 7, 12) où l’inconscient de la main gauche (p. 74) ne crée pas de refoulement, mais libère. Nous n’aimons pas notre prochain parce qu’il le faut, nous ne pardonnons pas par devoir, mais parce que nous vivons d’un amour et d’un pardon reçus nouveaux chaque matin.
La déclaration de Jésus à la Samaritaine : « Dieu est esprit et c’est pourquoi ceux qui l’adorent doivent l’adorer en esprit et en vérité » (Jn 4, 24) est-elle ontologique (im­ma­­té­ria­lité de Dieu), spiritualisante voire mystique (adoration contemplative et as­cé­ti­que) ou bien étho­lo­gique ? Dans cette dernière interprétation, cela signifie que: « Dieu est tel que nous le servons » et que cela ne peut se faire qu’en esprit (ce qui vise nos ma­niè­res d’être, de devenir) et en vérité (en laissant Dieu agir dans nos vies à sa façon, donc dans la prière).
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L’éthique éthologique retrouve, à sa façon, un thème calvinien : « Connaissance de Dieu et connaissance de soi sont choses con­jointes » (note 1). Elle concerne la manière* de vivre (la manière, le style, le ton, dé­no­tant l’esprit, les esprits ou l’Esprit qui les anime), nos façons de nous comporter, en face de la parole de Dieu (dans la révélation* opérationnelle. C’est une sorte de behaviorisme instrumental, un « connais-toi toi-même » non introspectif, mais de confrontation, une éthique, non une psychologie.
Avorte­ment, divorce, monoparentalité, homosexua­li­tés, homo­parentalité, terro­risme, etc. l’éthique éthologique ne consiste pas à édicter ni même à proposer ou indi­quer la conduite bonne, mais à mettre chaque personne concrète en présence de la pa­role de Dieu afin de faire prendre conscience à chacun de la façon dont il réagit. La fa­çon dont il réagit devant les textes patriarcaux, sexistes, légalistes, pré-scien­ti­fiques de la Bible et comment il réagit devant ceux qui sont promesse, prophétie, pardon, bonne nouvelle.
C’est ainsi : 1) une éthique de dialogue socratique où l’on amène les gens à se dé­cou­vrir, se pren­dre en main, s’assumer par le choc avec une actualité qui se révèle tout autre. Nos réactions devant la Bible*-Écriture-Pa­role, révèlent l’esprit ou les esprits qui nous animent en chaque circonstance, permettant à cha­cune et chacun, dans chaque cas, de pren­dre conscience du « devant Dieu » (le Saint* Unique de la parole* de Dieuth biblique et de se positionner par rapport à cela ;
2) une éthique pragmatique qui consiste à mettre en présence les pragmata de chacun (dits chrétiens ou dits non-chrétiens) avec les pragmata du Saint Esprit* qui sont des charis­mata.;
3) une éthique éthologique au sens où elle nous conduits à être clairvoyants sur nos modèles, nos imprégnations, où elle nous amène à distinguer chez nous ce qui est anthro­pi­que, démonique, charismatique (voir Anthropique, p. 55) ;
4) une éthique dynamique où se retrouve l’algorithme* de Luther (AML), car, dès que nous prenons conscience de la vie charismatique celle-ci exerce une pression sur notre vie an­thro­pique-démonique (voir Anthropique, p. 55) qui n’est pas élimi­née : tou­jours en même temps démonique-anthro­pi­que, toujours en même temps charis­ma­tique, saint, d’où toujours plei­ne­­­ment hu­main (non divinisé ou en voie de divinisa­tion).
L’éthique esquissée ici est un discenement des esprits induit à partir de nos réac­tions devant la parole* de Dieuth (c'est à dire : devant le Saint Unique*). Nous nous révé­lons (à nous-mêmes et aux autres dans les diverses façons que nous avons de réagir devant les événéments (et la parole de Dieuth en est un). Dans le même mo­ment où nous amenons quelqu’un à prendre conscience de son « esprit », nous prenons cons­cience de façon concomitante du nôtre : est-il de l’ordre du témoignage, du prosély­tisme, du magis­­tériel ?
Il ne s’agit pas d’une nouvelle casuistique, mais de l’annonce privée ou publi­que, de méditation personnelle ou d’étude interactive, de la parole* de Dieuth entre per­sonnes jouis­sant de leut pleine autonomie de jugement et de comportement ou, du moins, dans le respect de l’autonomie à laquelle elles sont appelées. Le cas échant, afin de leur permettre d’accéder à cette autonomie, si besoin, au prix de l’abandon d’une liber­té apparente.
La démythisation* du Christ est l’éthique éthologique propre aux témoins du Christ.
(1) Titre du premier chapitre du Livre i de l’Institution de la religion chrétienne (1535-1561). de Jean Calvin
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Micro-éthique et macro-éthique: Des comportements individuels réunissant le charisme et la raison peuvent avoir des effets dans l’Histoire à partir du moment où ils ont relayés par des mouvements d‘ampleur nationale ou mondiale. Henri Dunant, inspi­ré par la parabole du Samaritain de Luc 10, est l’origine des Conventions de Genève et, pafr là, de la Croix Rouge internationale, Adolf Hitler, inspiré par des mythes pangermaniques et racistes, est à l’origine du nazisme.
Comme toute éthique chrétienne, l’éthique éthologique est d’abord une micro-éthique (l’ensemble des comportements individuels vécus dans et par des aujourd’hui de la foi). Dans la mesure où existent des comportements ecclésials, on peut parler de macro-éthique: ecclésiologies qui observent la séparation du théologique et du politique tout en comportant, dans l’ordre kérygmatique, charismatique, artistique, lyrique, les di­men­sions de christianisme social, de théologie de la libération, d’engagement caritatif, d’œcuménisme, d’Eglise pour le monde, de théologie des religions et dont les paroles et les actes sont conformes à ces orientations. Une Eglise qui ne s’annonce pas elle-même, qui ne se pose pas en intermédiaire nécessaire, qui ne roule pas que pour elle, est une attestation externe du Royaume qui vient.
La macro-éthique chrétienne exige des chrétiens et de leurs Eglises une réflexion d’ordre social, écologique et politique. Elle s’inscrit dans la ligne de l’individualisme méthodologique (M. Weber, A. de Tocqueville, E. Troeltsch, R. Boudon, A. Touraine) et s’oppose au besoin à la ligne dite « holiste » (A. Durkheim, K. Marx, P. Bourdieu).
La double condition essentielle pour que les institutions, œuvres ou mouvements qui actualisent la macro-éthique ecclésiale restent « chrétiennes » ne réside pas dans une visée d’évangélisation au premier degré, mais consiste dans le fait que ses acteurs con­ser­vent un lien actif avec la parole* de Dieuth et participent à une vie ecclésiale locale..
éthique éthologique : VST : 292, 304 (avec la note) ;
autres passages où il est question d’éthique :
EP, p. 55, 57, 90-91, 104, 136, 178, 224 ;
VST, p. 11 (note), 21, 30, 48-49, 62, 69, 70 (note), 84 (note), 106 (note), 121, 125-126, 153, 163, 170, 191, 201-204, 207, 209, 212, 221 (note), 225, 231, 239, 248, 267, 278 (notes), 286, 288, 291-294, 304-307, 310, 314, 316, 318-310, 321-322, 326-329, 333-337, 349-351.
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TABLE DES MATIÈRES
Présentation, p. 5 : Penser la foi chrétienne en crise, p, 5 ;
L’intelligence de la foi dans une culture protestante, p. 5 ;
Faire de la théologie après la fin d’une ère de chrétienté constantinienne, p. 6 ;
Rendre compte de sa foi même au regard des mises en cause provenant de la déconstruction, p. 6.
Historique de mon travail, p. 7 : Reconnaissance de dette, p. 7 ;
Suite à donner, p. 8
Pour une élaboration plus avancée, p. 9 ;
Proposiiton de lecture, p. 10.
Liste alphabétique des entrées de l’Index raisonné p. 11
Premier groupe : la Parole, p. 15 : § Anthropologie théologique, p. 15 - antécédents philosophiques, p. 15 - données théologiques, p. 15 ;
§ Anthropologie de la parole de Dieu ,p. 16 ;
§ Bible, Écriture, Parole, p. 17 ; § Infra­bible, ultrabible, p. 17 ; § Vérités scripturaires, p. 18 ; § Cercle herméneutique de la parole de Dieu, p. 18 ;
§ Évan­gile, p. 18 ; § Faillite de l’Évangile, 18 ; § Évangélical, p. 18 ; § Canon biblique, p. 18 ; § Parole de Dieu , p. 19 ; § Moment de l’Évangile p. 19 ;
§ Obstacles, p. 20 ; § Heurt, p. 20 ; § Rebond, p. 21 ;
§ Révélation, p. 21 ; § Révélation en voie de formation et révélation opérationnelle, p. 21 ; miracle, p. 23.
Deuxième groupe : Théologie(s), p. 25 : §Théologie, p. 25 ; § Théologie et théographie, p. 25 ; § Théo­logie molle, armée, vertébrée, p. 25 ; § Théologie inductive ou déductive, p. 25 ;
§Tradition, p. 25 ;
§ Aporie, énigme, mystère, paradoxe, problème, p. 26.
Troisième groupe : questions d’épistémologie, p. 29 : § Axiome, p. 29 ; § Algorithme de Martin Luther, p. 29 ;
§ Irréductibles, p. 32 ;
§ Premier et Dernier, p. 35 : mise en perspective, p. 35 -univers des religions, p. 36 - pensée moderne, p. 37 - psychologie des profondeurs, p. 39sciences, p. 40 - retour à la notion de Premier et Dernier, p. 41 ;
§ Éléments de méthodologie, p. 42 : rappels, p.43, - aller à la racine, p. 44, - se tenir au plus près de la Source , p. 45, - prendre appui sur une terre ferme , p. 45, - procéder par sauts quali­tatifs finis, p. 46, - exemple : Anselme de Cantorbery , p. 48, - un gage de véracité p. 48, - une dimension universaliste, p. 49 ; § schéma récapitulatif , p. 49, - applications, p. 50 ;
§ Analogie p. 52 : - analogie de la foi , analogie de l’être , p. 52, - analogie de la grâce p. 53, - analogie du Royaume (ou du Règne), p. 53, - analogie contex­tu­ell, e p. 53, - analogie de l’idée, p. 54 ; § Asymptote, p. 54 ; § Vérité incommode et dérangeante, p. 54.
Quatrième groupe : l’être humain p. 55 : § Anthropique, démonique, pneumatologique, charismatique, paraclétique, p. 55 ;
§ La Source, p. 56 : - la qualité , p. 56, - incidence christologique, p. 58, - la pensée et la parole, p. 58 ; § Le Sujet (s-ad-sub-jet, p.61), p. 59 ; §Subjectivité, intersubjectivité, p. 62 ;
§ Image et ressemblance de Dieu, p. 62 ; § Ontologie, p. 64 ; § Centre de gravité ontologique, p. 65 ;
§ La Pensée p. 69 ; § Néant putatif, p. 70 ;
§ Autonomie ou liberté, p. 71 ; la Providence, p. 72 ; § Aptitude et capacité, p. 72 ; § Désir (libido), aspiration (desiderium), besoin, demande, p. 74 ; § Inconscient de la main gauche, p. 74.
Cinquième groupe : le monde et l’univers, p. 75 : § Actualité, p. 75 ; § Réalité proleptique, p. 75 ; § Réel, p. 76 ; § Virtuel, artificiel, imaginaire, utopique, vide, p. 76 ; § Concret ou vécu,, p. 76 ; § Conditions et circonstances p. 77 ;
§ Confusion, mutations, engendrement , p. 77 : - confusion , p. 77, - mutation, s p. 80, - engendrement, p. 79 ; § Engendrement, p. 79 ;
§ Culture, cultural, culturalités , p. 79 ; § Espace-temps, p. 80 ; § Alliance, p. 80 ; § Limite(s), logique des limites, p. 80 ; § Négativité, p. 81 ; § Adossement, p. 81, § Tension eschatologique p. 81 ;
§ Eschatologie réalisée ou actualisée, p. 81 ; § Panthéisme, panenthéisme, p. 82 ;
§ Le hors-Tout , p. 82 (incidences théologique, morale, mathématique p. 83, nihiliste p. 84) ; § Le Vide et le vide, p. 84.
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Sixième groupe : le Christ Jésus de Nazareth, p. 85 : § Messianique, p. 85 ; § Résurrection, p. 85 ; § Em­manuel-Ressuscité, p. 85 ; § Débordés par le Ressuscité, p. 85 ;
§ Corps de Christ p. 86 ; § Décen­tre­ment, p. 87 ; § Mythe christique ou messianique p. 87 ; §
Démythisation, p. 88 ; § Signifiant et signifié, p. 88.
Septième groupe : le Salut, p. 89 : § Urgence essentielle, p. 89 ; § Unique nécessaire, p. 89 ;
§ Quali­fi­ca­tion (temporalisation), p. 89 ;
§ Coïncidence, p. 90 ; § Médiation de la foi, médiatisations, médiations immanentes, immédiateté, instantanéité, p. 91 ;
§ Foi, p. 91 ; § Aujourd'hui du salut par la foi, p. 91 ; § Do­kimazein p. 92 ; § Donum et datum p. 93 ; § Écart spécifique de la grâce p. 93 ;
§ Changement de temps, d’histoire p, . 93 ; § Temps, histoire, temporalisations, temporalités, éternité, p. 93 - réflexion des historiens modernes sur l’histoire, p. 93, - réflexion concrète sur l’histoire, p. 94 ; § Salut dans l’histoire et pour l’histoire , p. 96 ; § Histoire sainte et salut dans l’histoire, p. 96 ; § Sortie des histoires saintes, p. 97.
Huitième groupe : l’Esprit Saint, p. 99 : § Pentecostal, p. 99 ; § Substance, nature, énergie, charisme, p. 99 ;
§ Esprit, p. 100 ; § Esprit d’adoption, p. 101 ; § Adoption, p. 101 ; § Élection ou sélection, p. 101 ; § Élection médiée, p. 101 ; § Prédestination médiée, p. 101 ;
§ Témoignage intérieur du Saint Esprit, p. 102 ; § Inspiration et effusion, illumination assistance, p. 102 ;
§ Cœur nouveau, p. 102 ; § Élargissement, p. 102 ; § Appropriation, p. 102 ; § Approfondissement, p. 103 ;
§ Manière(s) d’être (manière-s d’exister), p. 103 ; § Recréation de notre sub­jectivité, p. 103. ; § Wesen , p. 103 ;
§ Témoins, témoignage, p. 103 ; § Contre témoignage, p. 104 ; § Dé­chris­tianisation, p. 104 ; § Attestation externe du Saint Esprit, p. 104 ;
§ Accomplissement, p.105 ; § Genèse réciproque, p. 106.
Neuvième groupe : l’Église, p. 109 : § Église , p. 109 ; § Ecclesia , p. 109 ; § Unité, p. 110 ; § Unité lisible,
p. 111
Dixième groupe : le Saint Unique, p. 113 ; § Absolu, , p. 113 ; § Le Saint Unique, p. 114 : interpréta­tion de la Trinité, p. 115 ;
§ Transcendance, p. 119 : - A) données bibliques, p. 119 ; B) théologie chrétienne, p. 120 ; C) alternative du salut par la foi, p. 121 ; D) théologie déductive, théologie inductive, p. 123 ; § Bas­culement de la Transcendance sur nos transcendances, p. 123 ; § Transcendance tendancielle, p. 124 ;
§ Bien­veillance pédagogique de Dieu, p. 124
Onzième groupe : l’Éthique p. 125 : § La Valeur , p. 125 ; § Renversement non subversif de la Valeur et des valeurs, p. 126 ; § Éthique éthologique, p. 127.

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ERRATA

outre les errata signalés au cours des pages qui précèdent, je me dois de signaler au lecteur les suivants :
dans ET :
p. 86, second alinéa, lire Hé 2, 5-10 ;
p. 88, premier alinéa, mettre un point à la place de la virgule à la fin de cet alinéa.
dans VST :
p. 16 : à la place de : « … historial quand il s’agitde notre être », lire : «… je laisse « historial » aux traducteurs de Heidegger » ;
p. 63 note, lire Lefebvre et non Lefebre ;
p. 107, lire : « désaisissement » au lieu de « désaissement » ;
p. 110, lire : à la dernière ligne : « plus que nous en disons » ;
p. 166, écrire « EVeN » avec un « v » majuscule ;
p. 211, haut de page, ajouter « tendanciel » avant « basculement » ;
p. 240, lire : « la chute de l’Empire » ;
p. 290, premier mot de la page : mettre une majuscule à Juif ;
p. 265, lire : « déterminisme méthodologique » au lieu de méthodique ;
p. 295 note lire : « Pottmeyer », non Pottermann ;
p. 313, lire Christentums non Christentumns.
page 133
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